BIM Day GVA

L'avenir des bâtiments sera numérique

Sans cesse en train de se réinventer, l’architecture s’ouvre petit à petit aux nouveaux outils que sont le BIM (Building Information Modeling), le BOS (Building Operating System) et l’intelligence artificielle. Démonstration.

Utiliser l’IA pour concevoir.
Utiliser l’IA pour concevoir. - Copyright (c) Studio Tim Fu
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Dessiner l’esquisse d’un immeuble sur une feuille de papier avant de la froisser et de tout recommencer à zéro... cette pratique pourrait un jour ne ressembler qu’à un lointain souvenir. En effet, lors de la cinquième édition du salon BIM DAY GVA qui s’est déroulée début février à Palexpo (dont immobilier.ch est partenaire), l’architecture 4.0 a été présentée comme une réalité et non plus une chimère futuriste.

Un des conférenciers, Gaël Hamon, tailleur de pierre pionnier de la numérisation 3D des sites, a néanmoins tenu à mettre en garde l’assemblée sur ces avancées: «Du haut de mes 30 ans d’expérience, je trouve le BIM formidable pour capter et cristalliser les informations du bâti à un instant T, sa structure, sa composition, etc. Toutefois, ce procédé évolue tellement vite qu’il exige une veille technologique permanente pour être performant. Sans oublier les questions de gestion, d’archivage et de cadrage juridique des données récoltées qui demeurent encore floues.»

Une connectivité au quotidien

Quelques freins qui n’ont pas pour autant échaudé les CFF qui déploient le BIM depuis 2017 pour la production de maquettes numériques de leurs voies ferrées. «2025 sera une année charnière dans notre plan d’action car depuis le 1er janvier chaque nouveau projet passe automatiquement en BIM. Autrement dit 65 projets pour la Suisse et une vingtaine pour la Romandie», commente Jean Slavik, ingénieur civil des CFF.

Autre cas d’école où le BIM est au centre de la conception architecturale: One Roof, le nouveau siège social de Lombard Odier, actuellement en construction à Bellevue (GE). Pensé pour réunir en un seul site les 2600 collaborateurs de la banque aujourd’hui répartis à cinq endroits du canton, ce complexe monumental de
68’000 m2 possèdera pas moins de 27 maquettes BIM et plus d’1 million d’objets dématérialisés. «Ce bâtiment représente un réel défi à l’exploitation car chaque jour, ce seront plus de 140 millions de données qui devront être enregistrées (températures, ascenseurs, parking, sécurité, etc.)», décrit Cédric Dubois, l’un des acteurs de cette modélisation. Avant de poursuivre: «Nous avons donc opté pour le BOS qui apportera de l’interopérabilité, des liens intelligents entre les systèmes et centralisera toutes les données de l’immeuble». De quoi permettre après l’inauguration des lieux de gérer le chauffage à distance, de naviguer numériquement
dans le bâtiment ou encore d’envoyer automatiquement un ticket de maintenance.

L’IA au service de la créativité

De son côté et pour aller plus loin, le jeune designer Tim Fu, ancien membre de Zaha Hadid Architects, a partagé sa vision d’une pratique architecturale intégrant l’IA. «Au début cette technologie n’était pas mature et les dessins trop abstraits mais aujourd’hui cet outil permet d’explorer une multitude de nouvelles possibilités», explique le fondateur de Studio Tim Fu. En décrivant par le texte ses idées puis en donnant à l’IA une série de photos du contexte environnant et de ses diverses inspirations (parfois de la nature), Tim Fu conçoit des tours, des centres commerciaux ou encore des villas de luxe, comme en ce moment dans l’Arc lémanique. «De nouvelles portes s’ouvrent vers une architecture plus rapide et sans limite», a-t-il affirmé devant un auditoire subjugué par la beauté de ses plans, tous plus uniques les uns que les autres.